Sweet dreams are made of this

Il m'arrive parfois de me réveiller en pleine nuit à la suite d'un cauchemar absolument effrayant. Ben non, ça n'arrive pas qu'aux enfants... Et au moins, quand on est petit, on a toujours une douce maman ou un papa à l'écoute qui sont là pour nous rassurer et nous dire que finalement ce n'était qu'un rêve.

Mais voilà, je ne suis plus une petite fille et il faut bien que je me rassure toute seule quand je fais un méchant cauchemar, tellement flippant que je n'ose presque pas me rendormir de peur de "retomber" dedans. Si si, ça peut arriver! Cette nuit, donc, je me suis réveillée toute paniquée par un vilain rêve, tellement vilain... que je ne m'en rappelle plus! Le temps de reprendre mes esprits et de réaliser qu'il doit être 2h30 du matin, je me tourne doucement vers mon cher et tendre, dans l'idée de me coller contre lui, histoire d'être sure que le vilain rêve ne revienne pas.

Je m'approche doucement de lui, pas trop pour ne pas le réveiller, mais juste assez pour sentir l'odeur de son cou mélangée à celle des draps propres (j'adore!) C'est là que le bel endormi se met à rire. Oui, à RIRE! Pensant l'avoir réveillé je lui dis :

- J'ai fait un cauchemar...

Pas de réponse, il rit toujours.

- Ca va?

Toujours pas de réponse : il dort!
Ah, si tout le monde pouvait avoir un sommeil si heureux! Mais du coup, le méchant cauchemar n'est pas revenu me traumatiser, je me suis rendormie dans le calme, en essayant de savoir qu'est-ce qui avait pu le faire rire même plongé dans un sommeil profond.

Le mystère reste entier!

LMD
Sweet dreams are made of this

# Posté le mardi 04 août 2009 05:02

Palomar sur la plage

Je pars en vacances dans quelques jours... Le soleil, la chaleur, la plage et les baigneurs, ça m'a fait penser à un texte que j'avais lu il y a quelques années et qui m'avait beaucoup touchée. Ca s'appelle "Palomar" et c'est un livre d'Italo Calvino. Il y a plein de petits épisodes très frais à lire (lecture idéale pour un été lourd) dont un qui se passe à la plage. Lisez-le jusqu'au bout, ça en vaut la peine. Moi j'adore!

Bonnes vacances à tous

Little Miss Dotty


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Monsieur Palomar marche le long d'une plage déserte. Il rencontre de rares baigneurs. Une jeune femme est allongée sur le sable et prend le soleil les seins nus. Palomar, en homme discret, détourne son regard vers l'horizon marin. Il sait qu'en de pareilles circonstances, à l'approche d'un inconnu, les femmes souvent se hâtent de se couvrir, et cela ne lui semble pas bien : c'est dérangeant pour la baigneuse qui prenait tranquillement le soleil ; le passant se sent un gêneur ; le tabou de la nudité se trouve implicitement confirmé ; enfin, le respect des conventions à moitié est source d'insécurité et d'incohérence dans le comportement, plutôt que de liberté et de franchise.

C'est pourquoi, dès qu'il voit se profiler de loin le nuage rose bronze d'un torse nu féminin, il se hâte de détourner la tête de façon que la trajectoire de son regard reste suspendue dans le vide et témoigne de son respect courtois pour l'invisible frontière qui enveloppe les personnes.

Cependant, pense-t-il en avançant et en rendant leur liberté de mouvement à ses globes oculaires, dès que l'horizon est dégagé, ainsi faisant, j'affecte un refus de voir, c'est-à-dire que je finis moi aussi par renforcer la convention qui considère comme illicite la vue d'un sein, ou plutôt j'institue une sorte de soutien-gorge mental suspendu entre mes yeux et cette poitrine qui m'a semblé fraîche et agréable à voir, d'après ce que j'en ai entrevu aux limites de mon champ visuel. En somme, ma façon de ne pas regarder présuppose que je suis en train de songer à cette nudité, que je m'en soucie, et il y a là, au fond, une attitude rétrograde, indiscrète.

En revenant de sa promenade, Palomar passe à nouveau devant la baigneuse, et cette fois il regarde fixement devant lui, en sorte qu'il effleure avec une équitable uniformité l'écume des vagues qui se retirent, la coque des barques tirées sur le rivage, le drap de bain étendu sur le sable, la rondeur lunaire de la peau claire avec l'auréole brune du tétin, et dans la brume le profil de la côte, grise contre le ciel. Voilà, réfléchit-il, satisfait de lui-même, en poursuivant son chemin, j'ai réussi à ce que le sein soit complètement absorbé dans le paysage, et que mon regard ne pèse pas plus, que le regard d'une mouette ou d'un merlan.

Mais agir ainsi, est-ce vraiment juste? réfléchit-il encore, ou bien n'est-ce pas une façon d'aplatir la personne humaine au niveau des choses, de la considérer comme un objet, et, ce qui est pire, considérer comme un objet ce qui dans la personne est propre au sexe féminin ? Ne suis-je pas en train de perpétuer la vieille habitude de la suprématie masculine, endurcie par les années dans son insolence routinière?

Il se tourne donc et revient sur ses pas. Maintenant, en parcourant du regard la plage avec une objectivité impartiale, il fait en sorte qu'à peine la poitrine de la femme entrée dans son champ visuel on y remarque une discontinuité, un écart, presque un éclair. Le regard avance jusqu'à effleurer la peau tendue, se retire, comme s'il appréciait avec un léger tressaillement la consistance différente de la vision et sa valeur particulière, et pendant un instant il se suspend en l'air, décrivant une courbe qui accompagne le relief du sein à distance, avec un air à la fois évasif et protecteur, pour reprendre ensuite son cours comme si de rien n'était.

Je crois qu'ainsi ma position est bien claire, pense Palomar, sans possibilité de malentendus. Oui, mais ce survol du regard, en fin de compte, ne pourrait-il pas être ressenti comme la marque d'une attitude de supériorité, une sous-évaluation de ce qu'est et signifie un sein, une manière en quelque sorte de le tenir à l'écart, en marge ou entre parenthèses? Voilà que je recommence à reléguer le sein dans la pénombre où on l'a tenu pendant des siècles de pruderie maniaco-sexuelle et de péché de concupiscence...

Cette interprétation va à l'encontre des meilleures intentions de Palomar, qui, tout en appartenant à une génération pour laquelle la nudité de la poitrine féminine était encore associée à l'idée d'intimité amoureuse, salue cependant favorablement ce changement dans les moeurs : aussi bien pour ce qu'il signifie en tant que reflet d'une ouverture des mentalités que parce que cette vue en particulier lui est agréable. C'est bien cet encouragement désintéressé qu'il voudrait parvenir à exprimer par son regard.

Il fait marche arrière. D'un pas décidé, il se dirige de nouveau vers la femme allongée au soleil. Cette fois, son regard, léchant avec volubilité le paysage, s'arrêtera un instant sur le sein avec des égards particuliers ; mais il se hâtera de l'envelopper d'un élan de bienveillance et de gratitude pour tout, pour le soleil et le ciel, pour les pins recourbés et la dune et le sable, pour les récifs, les nuages et les algues, pour le cosmos qui tourne autour de ces pointes auréolées.

Ceci devrait suffire. Pour tranquilliser définitivement la baigneuse solitaire et libérer le terrain de toute déduction hâtive et erronée. Seulement voilà : dès qu'il recommence à s'approcher, elle se lève d'un bond, se recouvre, bougonne, s'éloigne avec des haussements d'épaules agacés, comme si elle échappait aux insistances importunes d'un satyre.

Le poids mort d'une tradition de mauvaises moeurs empêche d'apprécier à leur juste mérite les intentions les plus éclairées : c'est ce que conclut amèrement Palomar.

Italo Calvino

Palomar sur la plage

# Posté le jeudi 18 juin 2009 04:12

La moutarde me monte au nez

La moutarde me monte au nez
C'est fou comme les odeurs conditionnent le regard que l'on peut avoir des gens. Ben oui, une fille super canon qui sent le dessous de bras pas frais, ça tue le mythe je trouve. De même, on associe certains parfums à certaines personnes. Ca ne vous est jamais arrivé de ne plus pouvoir sentir un parfum parce qu'il vous rappelle trop quelqu'un que vous n'appréciez pas/plus?

Et puis, il y a les idées préconçues. Toujours. Tel genre de personne met tel type de parfum. On fait de la catégorisation quoi. Et ces derniers temps mes idées préconçues à moi ont pris un sacré coup dans la gueule :

Exemple 1 : J'ai un élève chou comme tout de 11 ans. Il a encore une bouille de petit garçon qui sentirait bon l'herbe fraîchement coupée. Sauf qu'il sent à des kilomètres un parfum très viril au musc que les mâles latinos s'aspergent sur le T-Shirt les soirs d'été pour doper leur production de testostérone. Berk, ça colle pas! C'est trop troublant!

Exemple 2 : Je croise tous les matins un bon vieux petit grand-papa, de ceux qu'on aime voir sourire, avec des rides partout sur le visage et des cheveux blancs lissés derrière le crâne avec une vieille gomina. C'est le genre de grand-papa qui sentirait l'eau de Cologne pure et fraîche que mettent tous ceux de sa génération. Sauf que le gentil vieux a opté pour un déodorant Axe très corsé, celui au gingembre qui fonctionne comme un aimant à femmes (selon la pub). Là encore, ça ne va pas!

L'odorat est le sens de l'imagination. Jean-Jacques Rousseau

Et du coup mon imagination m'envoie des images contraires à celles que me montrent mes yeux!

LMD

# Posté le mercredi 03 juin 2009 04:32

A bicyclette!

Je me suis acheté un VELO!
Il est pas tout neuf, il est pas top design, mais il est super pratique et très... ROSE!

Mais surtout, ça me rappelle mes années d'école où je partais faire de grandes ballades estivales, les cheveux au vent et les moustiques collés aux dents à force de sourire XD

J'avais presque oublié l'incroyable sensation de l'air frais qui caresse le visage et la route qui défile si vite sous les roues...

J'avais aussi oublié à quel point une journée de vélo ça fait mal au cul!

LMD
A bicyclette!

# Posté le lundi 11 mai 2009 05:32

C'est trop injuste!

C'est trop injuste!
Diantre! Cela faisait un bail que je n'avais plus laisser aller mon imagination à ses divagations habituelles!

Comme d'habitude j'ai une bonne excuse! C'est la faute des autres. Ben oui, c'est un peu comme ça dans la vie, si je me bouche avec un morceau de pain aux raisins, c'est la faute de la boulangère qui ne les a pas fait assez aérés... Alors j'entends les plaintes continuelles des gens qui malgré tout le bonheur qui leur crève aux yeux ne voient que le côté négatif de leur vie, aussi insignifiant soit-il.

Là vous vous dites que je me lance encore dans une explication moralisante et rébarbative. Non, pas cette fois. Si les autres sont malheureux à cause d'une brindille coincée dans leurs cheveux, alors libres à eux de se lamenter sur leur sort. Moi j'aime bien les brindilles dans les cheveux, ça me rend heureuse. Ca sent le soleil :-)

LMD

# Posté le mardi 21 avril 2009 05:21